DE BELLES PLUMES POUR NOS AILES2 mai 20112 mai 2011YuLeS

La semaine dernière, nous étions dans le Sud-ouest de la France pour des concerts à Bayonne puis Pau.
Cette région nous est chère, car en plus d’être magnifique, nous y avons beaucoup de souvenirs et d’attaches.
Mais si je prends la plume, ce n’est pas pour vous raconter comment se sont passés les concerts (ce fût développé sur Facebook), mais plutôt pour rendre hommage à deux hommes d’arts et de lettres qui ont brodé un écrin de mots pour décrire leur ressenti à l’écoute de nos chansons.
Il n’y a pas de hiérarchie dans l’expression d’une émotion, elle nous touche toujours même si elle est maladroitement formulée mais là, nous pouvons nous incliner devant deux plumes finement taillées.
Merci messieurs pour votre cadeau et au plaisir de vous croiser à nouveau.

 

Bastingage, chronique de l’écrivain Christian Laborde, publiée sur le site de la ville de Pau :


Le Triangle est, à Pau, le nom d’un quartier et, dans le dictionnaire, celui d’un instrument de musique. Et qu’entend-on au Triangle, à Pau ? De la musique. La Musique, au Triangle, c’est au 8-10 de la rue Arribes, sur la scène du Show case, salle ouverte en janvier 2009 par Marie Pedeutour. Entrée : 5 euros pour les chômeurs, 8 euros pour celles et ceux qui ne le sont pas encore. La rue Arribes était jadis celle des tisserands, et le Show case programmait, il y a peu, Yules, deux frangins, Guillaume et Bertrand Charret qui tissent des mélodies subtiles, tricotent des T-shirts sonores à base de notes liquides. Yules, c’est pop, c’est folk, c’est délicieux, bon pour le coeur, les oreilles et la nuque, comme ces pluies d’été dont on savoure le chant en sirotant du rosé sous une tonnelle. Et si le rosé est bon les frères Charret vous parlent volontiers de Romain Gary, de la Franche-Comté, d’Anouilh, de Dieu seul me voit, film de Bruno Podalydès, avec Denis Podalydès, et de cet album auxquels ils songent dès qu’ils accordent leurs guitares : Bookends de Simon and Garfunkel, album sorti en 1968 et contenant l’inoubliable « Mrs Robinson ». Disons-le : nous sommes lourds toute la journée dans nos bureaux, avec nos convictions, nos certitudes et nos objectifs. La légèreté de Yules nous délivre de ce harnachement social. Yules nous désentrave. La légèreté de Yules n’est pas celle, inerte, du briquet dans toutes les poches, mais celle, vivante, de la danseuse sur toutes les scènes. Vous allez acheter le nouvel album de Yules, Strike a balance , et vous écouterez en boucle « Absolute believer ». Les paroles sont en anglais. Pourquoi ? A cause de la pluie. La pluie, écoutez-la quand elle tombe : on dirait de l’anglais. Chanter en anglais est donc, pour les frères Charret, la meilleure façon de rester fidèle à la pluie, à chacune de ses gouttes, chacune de ses notes.

Christian Laborde

Le site de Christian Laborde

Article de Alain-Pierre Pereira paru dans « La Semaine du Pays Basque »


Yules… Ils transcendent la musique populaire !

Un duo baptisé Yules, nourris au et aux tonalités des Simon et Garfunkel, Beatles, Bob Dylan, Neil Young, vous égayent les oreilles d’un folk onctueux et d’une pop ouatée, et l’on est captivée par leurs mélodies pures est séduisantes. Ils vous affectent d’attrayantes notes moites, d’accords originaux et de morceaux aériens aux sensations fortes et prenantes. Pour le plaisir d’un public versé, Yules sera au Caveau des Augustins à Bayonne le 20 avril à 21 heures entre folk et pop jusqu’aux confins d’affections mélodiques. Assurément ces deux gars s’entendent pour écrire quelques notes de ballades envoûtantes, parvenant à concevoir dans leur compositions délicates, les coutumes musicales en un parfum éclectique, parfois délié, semblable aux diverses humeurs qui traversent leur quotidien dont ils se veulent les narrateurs. L’émoi va crescendo parce qu’ils transcendent  la musique populaire. C’est vivifiant, sans prise de tête, un réel abandon ! La « secousse de leur nature harmonique » vous file la patate ! Une musique qui ose se nicher dans vos tympans avec la ferme intention d’y rester. Mais il faudra remplir la condition sine qua non : une nostalgie pop et folk des années passées. On fait ce voyage salvateur sans poser de questions bloquées, continuant la ballade cabalistique jusqu’au terminus, là où se trouve la musique anglo-américaine, la vraie, la pure, dont on savoure le son ! Par son emprise et son talent, Guillaume Charret émeut par sa voix chaude et joliment plaintive délectable dans l’aigu comme dans le grave, avec un parfait accent anglais. Il vous convie dans l’univers de « Strike a balance », un album pop mâtiné de sonorité seventies, un brin branché, qu’on écoute avec exultation, car c’est enlevé, arrangements éclatants et diversifiés, conçus conjointement avec Bertrand, « multi-instrumentiste » exercé. Yules, c’est la variante de la pop et du folk. Très contagieuse, voilà une bonne raison de ne pas laisser passer cela !

Alain-Pierre Pereira

Le blog d’Alain-Pierre Pereira