QUELQUES QUESTIONS…

Mardi 9 mars 2010
Par YuLeS

Voici l’interview de ZIKANNUAIRE  faite par Agnès Dautraix et Olivia Hall.
Merci à elles pour la pertinence des questions !

Bonjour Bertrand et Guillaume ! Peut-on commencer par expliquer l’origine du nom de votre duo Yules ?

Guillaume : Bonjour ! Nous cherchions un nom de deux syllabes qui n’évoquent pas spécialement un pays en particulier… Nous voulions de l’originel, une sonorité latine et en changeant une lettre au prénom du premier fils de Bertrand, nous avons opté pour Yules que les anglo-saxons prononcent « Youlss » et qui signifie Noël. Voilà, notre nom était trouvé, énigmatique à tel point que l’on nous pose souvent la question de son origine.

Vous êtes frères, et d’ordinaire les frangins passent leur enfance à se bagarrer. A quel moment avez-vous enterré la légendaire hache de guerre de la fraternité pour faire de la musique ensemble ?

Guillaume : Au moment où nous avons eu envie de mettre toute cette énergie dans autre chose que des bagarres et des désaccords, c’est-à-dire vers 16 ans pour ma part.

Bertrand : oui, c’est à ce moment là que j’ai réalisé que mon frère avait des prédispositions pour ne pas dire des dons pour la musique.

Vos parents étaient des amateurs de très bonne musique visiblement. Quelle est pour chacun, la chanson qui vous a donné l’impression d’être touché par la grâce ?

Guillaume : Il y en a tellement mais je crois que les Beatles chantant « Rock ‘n’ Roll Music » de Chuck Berry est un des premiers morceaux qui m’a ému lorsque j’étais enfant.

Bertrand : la voix de Garfunkel dans « Bridge over trouble water » à Central Park est un des grands frissons musicaux.

Vos influences partent des années 60. Pourtant, un peu plus tôt, deux frères ont écrit de merveilleuses chansons et leurs harmonies vocales ont influencés les Beatles entre autres, il s’agit des Everly Brothers. Est-ce qu’ils font partie de votre bagage musical ?

Guillaume : Indirectement oui. En fait, nous avons reçu les Everly à travers notre amour de Simon & Garfunkel pour qui ils restent la référence absolue. D’ailleurs dans leur dernier live, c’est hyper émouvant de les voir chanter tous les 4 sur scène. Nous aimons cette idée de transmission.

Est-ce que vos parents vous ont encouragés dans votre vocation artistique ?

Guillaume : Oui beaucoup, je me revois dans le bureau du proviseur avec ma mère en train de discuter le fait que j’arrête l’école afin de mener de front ma vie de musicien. A cette époque-là, j’ignorais que ça serait réellement mon métier mais j’en avais très envie et nos parents ne s’y sont jamais opposés.

Bertrand : Indiscutablement, nos parents nous ont soutenus et aidés à vivre de notre passion.

En 2007 et 2008, vous avez sorti vos deux premiers albums coup sur coup et un 3ème est en préparation pour septembre. Quand on sait que les disques se vendent de moins en moins, on travaille à faire un album qui nous plait avant tout ?

Guillaume : Ce n’était pas réellement nos deux premiers albums. En fait, c’était le même album agrémenté de bonus et d’une nouvelle pochette qui est ressorti en 2008. Nous croyons beaucoup que la musique continuera de se vendre et oui, notre but de musicien est de faire des albums que nous aimerions entendre si nous n’en étions pas nous-mêmes les auteurs. A défaut d’en profiter en les écoutant, nous en profitons en les jouant sur scène devant un public à construire. Bertrand : Est ce que les ventes de disques sont moins importantes que dans les années 70 ? Je pense que la musique a été surconsommée et que nous allons revenir à des chiffres de ventes plus réalistes. Les vrais amateurs de musique n’arrêteront pas d’acheter des disques.

Quand on travaille en duo comme vous le faites, il y en a souvent un qui se consacre plus la musique et l’autre aux textes. Est-ce votre cas ?

Bertrand : Guillaume compose et écrit les chansons, j’ai le privilège d’être le premier à qui il les propose et on imagine ensemble la direction dans laquelle nous allons les emmener.

Vous avez tous les deux exactement les mêmes goûts musicaux ? Qu’est-ce que l’un apporte à l’autre ?

Guillaume : Nous avons beaucoup d’atomes crochus mais quelques divergences et c’est évidemment cette complémentarité là qui fait avancer les choses lorsque le doute s’empare de nous. Ce que Bertrand m’apporte, c’est une force pour monter sur scène, une oreille éclairée et fraîche qui va me dire si la chanson dont je ne suis plus si sûre vaut le coup ou pas. Il est aussi mon grand frère et je cherche à l’impressionner aussi à travers mes chansons.

Il vous arrive probablement de ne pas être d’accord, que ce soit dans le processus de création comme dans le travail de promo ou autre…Comment gérez-vous les conflits ?  

Guillaume : c’est assez rare mais s’il y a des malentendus, nous nous expliquons. Du conflit peut naître des choses saines.

Guillaume, dans ta jeunesse, tu es parti à New-York jouer dans les couloirs du métro. Parle-moi un peu de ce voyage et de ce qu’il t’a apporté ? Qu’étais-tu parti chercher là-bas ?

Guillaume : Je suis parti à New York en 2001 avec une appétence incroyable façonnée par toutes les œuvres qui m’avaient considérablement inspiré. Grâce à ces artistes, j’ai connu New York par procuration puis un jour, j’ai décidé d’y aller pour voir si mon ressenti n’était pas de l’ordre du fantasme. J’y suis allé pour retrouver l’environnement et les racines de mes goûts musicaux, cinématographiques et littéraires et finalement, j’y ai aussi trouvé une partie de moi. C’est ce que vous apporte le voyage en général. En jouant là-bas, j’ai trouvé une légitimité à chanter en anglais en tant que français devant un public anglo-saxon. J’en avais besoin.

On n’a pas encore parlé de votre formation que ce soit au niveau du chant comme de la musique. Vous êtes vous formés sur le terrain ou avez-vous pris quelques cours ?

Guillaume : Pas assez docile pour le conservatoire, mes oreilles et mes yeux m’ont beaucoup aidé mais aussi des rencontres avec des musiciens qui généreusement vous conseillent et vous encouragent. Un encouragement, c’est très précieux !

Bertrand : Sur le terrain totalement.

On a l’impression à la lecture de votre parcours, que vous avez connu des expériences marquantes, des projets avortés et sûrement des échecs, comme tout le monde, mais que vous ne cessez d’avancer, lentement mais sûrement. Avez-vous connu ces périodes de doute que peut vivre un artiste, ce moment où on sent qu’on peut tout lâcher sur un coup de tête ?

Guillaume : Oui évidemment, je crois qu’on est sans cesse en train de chercher des raisons de continuer à faire des chansons et tant qu’elles ne signifient rien dans la vie des gens, on chante pour personne d’autre que pour soi ou ses proches dans le meilleur des cas. L’envie de tout lâcher peut nous assaillir parfois mais je me vois en couple avec la musique et dans le couple, c’est pareil, parfois on se sent découragé mais le vrai bonheur est derrière les obstacles que l’on prend la peine de surmonter. Sinon c’est un bonheur facile !

Parlons de cet album qui sort dans 6 petits mois si tout va bien. Que pourriez-vous nous en dire pour nous mettre l’eau à la bouche ? Sera-t-il différent des précédents ou marquera-t-il une sorte de continuité dans votre travail de création ?

Guillaume : Je ne l’imagine pas autrement que dans la continuité de notre travail précédent mais la continuité n’implique pas qu’il n’y ait pas de changement, sans faire de politique bien sûr ! C’est un album enregistré « live » en studio avec  un vrai son de groupe (avec Julien Woittequand et Sébastien Vaivrand).  Nous avons très peu répété, il y a donc une prise de risque à chaque titre. Pendant l’enregistrement, nous sommes sur un fil en train de chercher l’équilibre que l’on souhaite immortaliser. Un disque c’est un instantané et il ne faut pas le rater car il nous colle à la peau longtemps.

Bertrand : Ce second album est plus « up tempo » d’une manière générale. Nous l’avons conçu comme un 33 tours, avec l’idée de 2 faces qui se complètent et qui possèdent un début et une fin chacune. Bien sûr il sortira en CD mais nous tenons à également le proposer en Vinyle. 

Lucy & Olivia (traduction) pour Zikannuaire.com 

Voir l’interview sur Zikannuaire.